Tourisme, transports et économie

Avec l’entrée du Canton de Vaud dans la Confédération (1803), mon château devient propriété cantonale … et son état ne cesse de se délabrer à tel point que la Société immobilière d’Ouchy décide de construire un mur pour le soustraire, en plein XIXe s., à la vue des touristes qui se réjouissent de découvrir le Léman.
Car une nouvelle attraction double le paysage de mes prédécesseurs voiles latines : le bateau à vapeur. Depuis 1823, une première unité, le Guillaume Tell, fait attraction au départ d’Ouchy, ce qu’aucun hôte de passage ne saurait manquer, comme Stendhal le raconte dans ses Mémoires d’un touriste. On met alors environ 6 heures pour relier Ouchy à Genève.

Le Conseil fédéral avait même prévu, en avril 1851, le chemin de fer avec un embranchement ferroviaire sur Ouchy ; s’il avait été finalisé, sûr que la grande du nord se présenterait bien différemment d’aujourd’hui. C’est ainsi qu’à la place le lointain Ouchy implique pour Lausanne de puissants attelages ou, pour les tâches courantes, l’ »Académie des ânes » qui grimpent, bardés de lourds fardeaux, jusqu’à la ville.

Ouchy change cependant, et vite, sous l’impulsion, notamment, de celui qui est devenu propriétaire de mon château, Jean-Jacques Mercier (1826-1903). Ce dernier est un des moteurs de la Société immobilière d’Ouchy (voir plus haut), qui a ouvert le grand hôtel du Beau-Rivage(1861). A la suite de la Compagnie Générale de Navigation (CGN, 1873), on ouvre, en 1894, le nouveau « Château d’Ouchy ».

Que de dynamisme dans cette époque propice à l’éclosion de nombreuses sociétés oscherines, à commencer par la plus ancienne d’entre elles, notre NANA (l’actuelle Société Vaudoise de Navigation, 1846). C’est également en ces temps qu’est ouverte la première usine à Ouchy, où arrivaient par eau les lignites de Belmont.

La Société de développement d’Ouchy naît elle aussi avec la fin de ce siècle (1899) et, au début du suivant (1901), elle pourra fêter l’inauguration de notre quai actuel.

 

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