Ouchy naît

De multiples évolutions, dont celles des transports et des relations économiques, font que la vie à l’époque romaine d’un pôle Vidy-Lousonna passe, à l’époque Moyen Age –XIXe s., à un axe Cité (Lausanne)-Ouchy. Entre le XIe et le XIVe s., un véritable port lacustre naît à ce qui ne s’appelle pas encore Ouchy.
Je l’ai lu, lors de mes nombreuses heures d’attente au ponton, dans L’Oscherin 4, août 2003, p. 4, le docte petit journal de l’Association des Amis du Musée du Vieil-Ouchy : Ouchy ne s’est pas fait en un jour, mais a bien reçu des droits, comme le présente le documentaliste Pierre Oehrli :
« Après la mort en 1032 de Rodolphe III de Bourgogne, les parcelles de la Croix-d’Ouchy, de Paleyres et de Chamblandes auraient été léguées à l’Evêque de Sion. La présence de l’église Saint-Théodule, nom du premier évêque de Sion, attesterait de cette appartenance. Ce même Rodolphe donne le titre de comte de Vaud aux évêques de Lausanne.
En 1144, l’Evêque Amédée de Lausanne accorda les lettres de franchise aux habitants de Rive moyennant 24 féras chaque 24 décembre. Ainsi les Oscherins d’alors, les Pirates, pouvaient rançonner et imposer tout convoi lacustre naviguant sur les eaux communales. Malheureusement, aucun document attestant cet acte n’a été trouvé. » Une commune libre et indépendante est ainsi créée.
Alors mes prédécesseurs habitaient « Rive » à l’époque (du lat. ripa, la rive) ? Eh oui, en 1170, l’Evêque, qui exerce de nombreux droits seigneuriaux, Landry de Durnes fait construire la Tour de Rive : » turrim in Ripa » (du Cartulaire du Chapitre de Notre-Dame de Lausanne, années 1177-1178), dans le but de protéger les habitants de Rive face aux Savoie. Cette décision importante s’inscrivait dans un véritable programme comprenant notamment la Tour Marsens, le Château de Glérolles, la Cathédrale et l’enceinte fortifiée de Lausanne.
Ce qui n’est qu’un petit hameau de modestes mais vaillants pêcheurs, déjà respectés, n’est nommé par Landry de Durnes « Oschies », du nom d’une de ses propriétés située au nord du Denantou (voir plus haut), qu’en 1188. Dès lors, mon port d’attache est cité comme tel, attesté définitivement dès la moitié du XIIIe s. dans le cadre de la dîme, et comme port marchand dès le XIVe s..
Pendant cette période, Ouchy se développe à l’image de « mon château », qui fut même un vrai château fort et, surtout, la résidence épiscopale jusqu’à ce que les évêques demeurent au Château Saint-Maire de la Cité.

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