Des bacounis antiques

C’est dans l’une des boutiques qui longeaient la place publique, le long de la basilique, que l’on a retrouvé le local de la corporation des nautes, les bateliers du Léman, les nautae lacu Lemanno.
« tirée de Gilbert Kaenel, La promenade archéologique de Vidy, Lausanne, Association Pro Lousonna, 1ère éd.1977, 40p, p.33)
Le métier de ces bacounis de l’époque était de transporter et de veiller au bon acheminement des marchandises, par voie lacustre puis terrestre. Ils avaient aussi un bureau à Genève et des collègues, comme les « nautes du Rhône et de la Saône » ou encore ceux de « l’Aar et de l’Aramus (voies lacustres du pied du Jura) » qui étaient basés à Avenches.
Sur un emplacement accordé par les autorités, cette inscription votive interpelle aujourd’hui Pirates et bateliers, professionnels du lac et de la CGN, ou encore plaisanciers et riverains. L’Antiquité a vu d’importantes fluctuations du niveau du lac et, pour les imaginer, on peut évoquer celles décrites par plusieurs témoignages, avant la construction des premiers barrages de Genève au 18e siècle : ces observations d’alors font état de variations saisonnières pouvant aller jusqu’à 2,5 mètres !
Ainsi, au début du Ier siècle ap. J.C., le niveau moyen du lac se situait entre 374 et 374,5 m, soit deux de plus que de nos jours. Les spécialistes pensent que ce niveau est peut-être même légèrement monté au cours des deux ou trois premiers siècles de notre ère.
Certains auteurs, a-t-on raconté, estiment qu’une villa gallo-romaine devait exister à Ouchy : elle aurait appartenu à un certain Ulpius ou Oschius, Romain qui aurait donné son nom à une propriété située dans la région du Denantou, ce qui expliquerait pour les uns le nom de notre port. Pour les autres, il faudrait mettre le nom d’Ouchy en rapport avec la montagne de la Dent d’Oche qui nous fait face et que je ne manque pas de saluer régulièrement.

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